• Laval, carrefour des toiles

    Laval, carrefour des toiles

     

    Laval au carrefour des toiles

     Capitale d'un bas Maine où, dès le XIVème siècle, on labourait, semait, arrachait, rouissait, battait, broyait, filait, cardait des tonnes de lin et de chanvre, Laval devint au XVIIème et XVIIIème une ville textile et un centre international de négoce avec les Indes Occidentales où l'on tissait, blanchissait, vendait, négociait, emballait, expédiait à l'autre bout du monde par centaines de milliers d'aunes de la belle et bonne toile de lin de Laval.

     Au XIXème siècle, révolutions, blocus, guerres, concurrence du coton et indépendances des Amériques mettent à mal le commerce du lin. La ville se reconvertit, tant bien que mal et partiellement, dans la filature et le tissage du coton. Une masse peu qualifiée fournit une main d’œuvre bon marché qui survit à grand peine de travaux à façons. Dans les années 1950, le textile et la confection emploient encore un gros millier de travailleurs. La fin du XXème siècle sonne le glas de l'industrie textile française... et lavalloise. Seules quelques rares entreprises ont réussi à négocier le virage de l'automatisation des tâches et la conquête de marchés en perpétuelle évolution, mais la source d'emplois nombreux et de la culture ouvrière qui va avec est définitivement tarie. Restent à Laval deux unités véritablement textiles, TDV industries -170 emplois- et Tissus d'Avesnières -50 emplois-, la première spécialisée dans les tissus « techniques », la deuxième dans la teinture et l'impression. Restent aussi quelques ateliers de confections, une toponymie et une structure de la ville encore marquées par les multiples activités nécessaires à la transformation du lin, particulièrement le blanchiment avec ses vastes prés dévolus à l'étendage des toiles, des architectures anciennes « pauvres » -les maisons de tisserands- et « riches » -les hôtels particuliers érigés par les négociants-, des artisans d'art et une poignée d'artistes et d'amateurs qui perpétuent le noble art du tissage. Restent enfin une mémoire encore vibrante, un héritage, l'écho d'une splendeur aventurière et d'étonnantes perspectives d'innovations pour une industrie prête à se renouveler.

     

     

     

     

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