• La conférence des sept parfums

    La conférence des sept  parfums

       

     

    Jerzy Grotowski, la forêt polonaise, le chant du tambour, la danse avec les génies gnawa au Maroc, la forêt sacrée d'Oshogbo au Nigeria, les guérisseurs de la Mayenne : dans cette Conférence des sept parfums, Pierre Guicheney nous conte par fragments qui sont autant de découvertes une vie de voyage dans quelques régions invisibles du monde visible.  

     

     

    Préface de Antonio Attisani

    95 pages, 13 illustrations

    aAccademia university press, Turin, septembre 2017

     

     

     

     

     

    Laïachi Hamshish, prêtre et voyant gnawa, Città di Castello, Italie, 1989 ©Alain VolutJerzy Grotowski, peigné par Gour Khepa, observé par Ramanda das Baul - Kenduli, Bengale, 1980 ©Marek MusiałFatna danse, Malika veille - Mayenne, 2005 ©Farid RezkallahAngèle, guérisseuse, me conjure une angine - Mayenne, 1999 ©Marie-Paule NègreGnawas berbères au sommet du mont de Lalla Mimouna - Tafilalet, Maroc, 2016 ©Pierre Guicheney
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    « Au début des années 1980, à l’occasion des fêtes du mois de Shaban au cours desquelles guérisseurs, voyantes et voyants de la confrérie gnawa – on les appelle mokadma et mokaddem – de Marrakech renouvellent et parfument leurs autels dédiés aux génies et, lorsque c’est possible, leur garde-robe, j’avais rituellement offert au mokaddem Laïachi Hamshish une choukara, une de ces besaces brodées que quelques vieux Marocains portent encore sous leur djellaba. Je demandai à Laïachi de me céder son ancien sac en échange du nouveau, ce qui le fit bien rire. Il s’exécuta volontiers après avoir transféré dans la besace neuve son sepsi et sa blague à kif, quelques pièces de monnaie, deux cauris, une carte d'identité écornée et un paquet de cigarettes Casa Sport à moitié vide.

    Des années plus tard, lors de la dernière lila où Laïachi officia dans les semaines précédant sa mort, il me contraignit à entrer dans la rahba, l'espace consacré dédié à la montée et la descente des génies, et à y danser toute la nuit. Un cadeau d’adieu, en quelque sorte. Depuis lors, j’ai vécu sur quatre continents et dans mon bocage natal mayennais quelques aventures marquantes liées à ce monde de forces. Autant de secrets parfumés que j'ai précautionneusement mussés dans la choukara de Laïachi jusqu'à aujourd'hui. »

     

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    Ouest France, 10 septembre 2017

    Pierre Guicheney, un voyageur du monde invisible

    Comédien du théâtre expérimental, doubleur, reporter, documentariste, un peu anthropologue, beaucoup voyageur, le Mayennais publie un ouvrage qui revient sur son étonnant parcours.

    Les gens d’ici
    Il a eu mille vies. On pourrait l’écouter pendant des heures raconter ses films, ses rencontres, ses métiers, ses bonheurs et ses voyages au bout du globe. Pierre Guicheney est d’abord un conteur. Il vient de faire paraître un ouvrage (1) qui revient sur son parcours de bourlingueur, pour ne retenir finalement qu’un seul voyage, le seul qui compte peut-être, la poursuite de son âme; parmi les Gnawas du Maroc comme auprès des guérisseurs de son pays natal. Pierre Guicheney est né il y a 63 ans au Bourgneuf-la-Forêt en 1954, fils d’un médecin homéopathe« très cartésien et rationaliste ». Dès ses 18 ans, il quitte sa Mayenne pour un long voyage d’apprentissage. D’abord en suivant en Pologne Jerzy Grotowski,« un génie », à la fois metteur en scène et théoricien du théâtre.« Avec lui, j’ai travaillé sur les mouvements, la présence du corps, les rituels originaires d’Afrique. » Cette formation théâtrale proche de l’anthropologie lui servira de« matrice ». Il suivra Grotowski en Italie où il travaillera par la suite au doublage et au sous-titrage de films pour la télévision et le cinéma. Avec un certain art du grand écart, œuvrant pour la télévision populaire de Berlusconi comme pour les meilleurs réalisateurs italiens de l’époque (Antonioni, Fellini, Visconti…).

    Du Maroc… À la Mayenne
    À son retour en Mayenne, en 1993, il se lance dans une carrière de journaliste et de documentaliste. Il répond à des commandes pour des collectivités. À Loiron par exemple, il crée une exposition de photographies en recréant l’histoire de la population locale, du berceau au lit de mort. Il est également reporter pour le magazine Géo . Ce qui lui permet de parcourir le monde, notamment à la découverte des confréries marocaines et des pratiques de transes. Mais si dans le magazine, il témoigne en journaliste, dans son livre, il vit les rituels. L’essentiel est aussi à proximité. Il plonge dans le bocage mayennais pour des travaux sur les guérisseurs qui vont marquer les esprits. Finalement, c’est toujours la même histoire. Celle« d’une région invisible qui touche le monde des rituels : les guérisseurs, les esprits, les génies des lieux, le culte des sources… ». Pour beaucoup, on est dans le champ de la superstition. Mais Pierre Guicheney préfère citer un extrait de son texte :« J’ai découvert en m’intéressant aux traditions et légendes de mon pays natal, la Mayenne, puis en plongeant dans la réalité magique toujours bien vivante du bocage, combien une part de ce que j’étais allé chercher en Afrique et au Maroc était présente et agissante ici […] Combien tout cela est un patrimoine universel, une richesse que chacun d’entre nous doit bien prendre garde à ne pas se la laisser échapper des mains, du cœur, du corps conscient, à ne pas se la laisser confisquer par les pensées mécanistes ou manichéennes. Il est important, rassurant, exaltant, que le monde soit un mystère dont nous ne viendrons jamais à bout».

    Jean-François VALLÉE. 

     


    Blog  OUTRE L'ÉCRAN de Jean-Claude LEROY/ MEDIAPART, 3 novembre 2017

    Apprenti ou Initié, Pierre Guicheney se partage dans un livre-vie

     

    Son maître, à lui, s’appelle Jerzy Grotowski, aventurier du théâtre à la renommée internationale. Encore jeune homme, Pierre Guicheney rejoint son groupe de travail en Pologne, le suit au Bengale. Plus tard ce sera en Toscane. On sait l’intérêt que le maître du Théâtre des sources avait pour l’anthropologie et le propre de l’homme...

    « Se laisser porter, ne pas être dévoré…
    pouvoir revenir à la
    "grande porte"
    et explorer le vaste monde sur lequel elle ouvre. 1»

     

    En Mayenne, depuis une vingtaine d’années, Pierre Guicheney est connu comme le loup blanc. Ce qui ne suffit pas à en faire un prophète. Au milieu des années quatre-vingt-dix, il apparaît – on dit qu’il revient au pays. Dans son village. Il voit ou découvre ce que personne n’ose voir trop fort jusqu’alors : sur un certain plan son pays natal vit encore de ses propres ressources. Quoique loin de Paris et des villes, il n’est pas acculturé. Il a ses traditions, ses modalités, son humeur. C’est notamment une campagne où opèrent avec succès des guérisseurs, des croyances, des mystères, en dépit du désenchantement général. Il demeure quelque chose du monde d’avant la république des savants qui pour une meilleure efficacité, chassa les superstitions et les savoirs non expliqués pour imposer les siens, déclarés rationnels.

    De par son expérience et sa mémoire, Pierre Guicheney, fils d’un médecin de campagne, a plus qu’un autre conscience de cela. Moitié chercheur, moitié artiste, il a multiplié les formes d’expression pour chaque fois nous faire part de rencontres et d’expériences édifiantes, nous montrer quelque chose de mal visible parce que peut-être trop indispensable et présent – syndrome de la lettre volée ignorée parce que posée sur le nez du quotidien. C’est que son cheminement sur quelques décennies a tout d’initiatique – sous son air important c’est un mot pour dire qu’il a su entendre plus avertis que lui, maître, gourou, chaman, peu importe, quelqu’un de plus avancé, de plus traversé, de plus initié, décidément. Pour notre chance, il nous en fait part.

     

    Son maître, à lui, s’appelle Jerzy Grotowski, aventurier du théâtre à la renommée internationale. Encore jeune homme, Pierre Guicheney rejoint son groupe de travail en Pologne, le suit au Bengale. Plus tard ce sera en Toscane. On sait l’intérêt que le maître du Théâtre des sources avait pour l’anthropologie et le propre de l’homme, corps-esprit ; c’est avec lui, au cours d’un séjour indien, en 1980, que Pierre Guicheney rencontre les musiciens Bauls, notamment Gour Khepa, « une sorte de Jimmy Hendrix indien. […] Il nous fit […] une démonstration époustouflante de son art de chanteur et de joueur de komok, un instrument à deux cordes appelé aussi « vague de joie ». Nous étions ravis.2 »

     

    Quelques années plus tard lors d’un passage chez une amie dans le sud de la France, Pierre Guicheney a l’occasion d’écouter un morceau de musique qui le saisit : « un lancinant appel aux accents sahéliens chanté par un maître gnawa marocain qui s’accompagne d’un unique instrument, un luth à trois cordes : le g’mbri. 3» La fonction de cette musique est « autant thérapeutique que mystique ». C’est en se renseignant sur cet enregistrement qu’il entend parler de l’ethnologue Viviana Pâques. Il la rencontre bientôt, elle lui narre son amitié avec Laïachi Hamshish, un mokaddem (maître de cérémonie gnawa, voyant). Une amitié qui ferait peut-être tomber les secrets des rites et des cérémonies. Pour cela, Laïachi Hamshish devait consulter. Il demanda alors à son amie de « revenir le lendemain avec deux coqs, rouges. Viviana acheta deux poulets au marché couvert de Bab el Mellah, un pain de sucre, des dattes et du lait et se rendit l’après-midi chez lui. Elle avait tout de suite compris que Laïachi voulait consulter les esprits sur l’opportunité de continuer à lui révéler les arcanes du grand œuvre gnawa. Tandis que Laïachi préparait les poulets avec la toilette et les fumigations d’encens rituelles, l’ethnologue posa son carnet de notes sur un billot qui servait à découper la viande car elle désirait prendre quelques photos de la cour intérieure de la maison. Entre-temps, le prêtre avait terminé la préparation des poulets et égorgeait le premier d’entre eux. Il faut sans doute préciser que Laïachi était toujours très attentif à la manière dont les animaux sacrifiés mouraient et à ce qu’ils faisaient avant d’expirer.

    Le poulet égorgé traversa en voletant la cour, la tête pendillant, entra dans la maison, et passant par-dessus une tenture qui cachait aux regards étrangers le hejba, les autels de la femme de Laïachi, elle aussi prêtresse et voyante, entra dans le lieu sacré pour en ressortir presque aussitôt, se diriger vers le billot, faire tomber le carnet et expirer sous le carnet qui l’avait recouvert en tombant… depuis, Laïachi avait toujours répondu de son mieux et sans rien lui celer aux questions de Viviana. 4»

    Laquelle, au terme de son entretien avec son jeune et curieux visiteur, futur auteur de La conférence des sept parfums, l’invite à la rejoindre « le mois suivant à Marrakech pour les grandes cérémonies – les lilas – du mois de Shaban, le mois qui précède le grand carême 5».

    Ainsi se produira la rencontre décisive du Mayennais sans frontières avec ces musiciens-guérisseurs du Maroc, descendant d’esclaves, jusqu’à devenir bientôt l’un des leurs. Son premier film documentaire, Le Bal des génies, leur sera d’ailleurs consacré. Pierre Guicheney fait preuve de qualités rares : il partage autant qu’il observe, se dépense autant qu’il perçoit, il pénètre autant qu’il rapporte, car, comme son maître Grotowski, pour qui le tantrisme et le vaudou haïtien furent des sources d'inspiration primordiales, le prônait : « il faut diriger le regard vers des horizons différents et pratiquer la sagesse du voyage, donc se confronter aux traditions d’autres civilisations avant de rentrer à la maison (ou dans le lieu que l’on a élu à cette fonction), lorsqu’on aura acquis la capacité de reconnaître aussi dans sa propre culture, le savoir sur l’originaire. »

    Grand reporter pour le magazine Géo, Pierre Guicheney effectue un certain nombre de voyages qui, assez souvent, le mènent là où il avait à se rendre. Ainsi, au Bénin en 1993, il rencontre incidemment un artiste nigérian excentrique qui se fait appeler Prince Seven-Seven.

    Pierre Guicheney et son équipe au bord de la rivière Osun (Nigéria) lors du tournage de  « Osun Osogbo, la forêt et l'art sacrés des Yorubas ». © François de la Pattelière, 2008
    Pierre Guicheney et son équipe au bord de la rivière Osun (Nigéria) lors du tournage de
    « Osun Osogbo, la forêt et l'art sacrés des Yorubas ». © François de la Pattelière, 2008
     

    « Seven Seven était ce que la tradition yorouba appelle un abiku 6, des enfants qui naissent et meurent à répétition en bas-âge, envoyés par les esprits pour faire souffrir leurs parents. C’est alors qu’elle attendait sa septième paire de jumeaux que la mère de Seven-Seven a conjuré la malédiction du cycle de mort et de renaissance qui avait emporté les six premiers couples. Elle était chrétienne et, partant, opposée aux pratiques païennes, mais, poussée à bout par la litanie de morts prématurées, elle s’était résignée à consulter un devin traditionnel. Celui-ci lui avait commandé d’accomplir un rite : apporter des offrandes et boire de l’eau d’une rivière consacrée à l’orisha Oshun, la déesse yorouba des eaux vives et de la fertilité. Quelques mois plus tard, elle mit au monde un garçon et une fille. La petite fille décéda la première année et le jumeau esseulé à double charge d’âmes allait subir de son vivant des vicissitudes au moins aussi violentes et imprévisibles que le cycle de morts et de renaissances des abikus. » 7

    Quatre ans plus tard, en 1997, Pierre Guicheney convainc la rédaction du magazine de l’envoyer au Nigéria, sur les traces du photographe-ethnologue Pierre Verger, décédé en 1996, à la recherche des lieux sacrés, des prêtres, des initiés qu'il avait photographiés dans les années 1950. Rencontrant des difficultés à obtenir un visa, il fait appel à Prince Seven-Seven, qui lui renvoie aussitôt par fax une « invitation princière sur papier festonné ». C’est à Oshogbo qu’il est accueilli, là même où Pierre Verger avait séjourné jadis huit années durant. Les hôtes de Pierre Guicheney sont persuadés qu’il a fait le voyage pour rencontrer une artiste-prêtresse d’origine européenne… Susanne Wenger, dont il découvre à ce moment l’existence. Cependant il réalise bientôt qu’elle est la femme légendaire qui a été « accueillie au sein de la grande tradition yorouba et dont Grotowski [lui avait] parlé, lui-même en ayant appris l’existence par le metteur en scène Peter Brook »8.

    La rencontre de la vieille dame fait forte impression à notre curieux reporter qui reste quelque peu interdit et positivement incapable de prendre la moindre note ou sortir son magnétophone. « Elle parle d’abondance. Sa parole est une vague. Adunni [Adunni Olorisha est le nom yorouba de Suzanne Wenger] ne transmet pas que des mots, elle vibre et fait vibrer. » Cette artiste autrichienne s’est installée ici dans les années 50, a été reconnue par les grands prêtres des orishas 9.

    « On ne peut entrer dans ce monde sans être transformé, explique-t-elle. […] J’ai pu y survivre car je suis une artiste. Ça m’a permis de ne pas me perdre. »

    Pierre Guicheney consacrera pas moins de deux films documentaires à Suzanne Wenger (1915-2009) et à la forêt sacrée d’Osun-Oshogbo (classée par l’Unesco au patrimoine mondial)10. Quelle que soit la direction qu’il prend – portrait filmé d’un écrivain-artiste, Jean-Loup Trassard 11, enquête sur les plantes médicinales dans diverses pharmacopées, textes pour un livre de photographies du désert saharien12...  – son travail semble toujours consacré à la quête d’un principe vital essentiel, quelque part entre magie et connaissance positive, occasion peut-être d’un décloisonnement utile.

    « J’ai appris ce peu-là en me laissant contaminer – absorption cutanée, capillarité – par les grands anciens des traditions et par l’imprégnation des lieux – puis par dépôt, sédimentation, décantation. C’est, avec l’imitation, l’une des voies royales préconisées par Grotowski pour tirer quelque profit de l’exemple et de l’enseignement non volontaire de ceux qui pratiquent un chemin, mais ne peuvent le transmettre par le biais de la parole, car tant relève de l’indicible. C’est cela-même qu’a pratiqué Susanne Wenger avec ses guides yoroubas lorsqu’elle restait de longues heures auprès d’eux en silence. Ce qu’elle appelait apprendre "par la peau".

    […]

    J’ai découvert aussi en m’intéressant aux traditions et légendes de mon pays natal, la Mayenne, puis en plongeant dans la réalité magique toujours bien vivante du bocage, combien une part de ce que j’étais allé chercher en Afrique et au Maroc était présente et agissante ici. Combien donc, tout cela m’appartenait, nous appartenait, nous constitue. Combien aussi cela est un patrimoine universel, une richesse que chacun d’entre nous doit bien prendre garde à ne pas se la laisser échapper des mains, du cœur, du corps conscient, à ne pas se la laisser confisquer par les pensées mécanistes ou manichéennes. Il est important, rassurant, exaltant que le monde soit un mystère dont nous ne viendrons jamais à bout. 13 »

    Pierre Guicheney a fait venir en Mayenne ses amis et parents gnawa du Maroc, ils ont pu constater d’eux-mêmes que certains lieux de ce bocage paraissent habités par des génies pareils à ceux qu’on trouve là-bas. Ainsi, à Saulges, près de la « grotte à Margot », il apparaît que saint Cénéré présente des ressemblances avec certains marabouts du Maroc.

    « J’apprends que la France est pleine de houles, coffres, cages ou caves à Margot et qu’on l’appelle aussi Morgane. La fille de Fatna se rappelle alors que Morjana est un des noms de Lalla Aïcha qu’on utilise pour pouvoir parler d’elle sans prononcer son nom et risquer ainsi de la convoquer intempestivement – les paroles ont une force. Dans les lilas gnawa, quand vient le moment de convoquer la cohorte de tous les aspects d’Aïcha, on appelle aussi Morjana. Tout cela, cet héritage intemporel, archaïque, était sous mes yeux et je n’en avais rien vu. »

    Le premier livre en français de Pierre Guicheney avait pour titre : On se meurt apprenti. De par sa position et ce qu’il est, l’initié est toujours en train d’apprendre et de partager, jamais n’importe quoi ni n’importe comment, selon un fil infini et invisible. Ne savent suivre ce fil que ceux qui également le tissent.

    Le livre passionnant de Pierre Guicheney, dont j’ai extrait et introduit ici quelques passages, c’est La conférence des sept parfums.

    ***

    Notes :

     

    1 Pierre Guicheney, La Conférence des sept parfums, Accademia University Press, 2017, Torino, p. 29.
    2 Ibid., p. 12.
    3 Ibid., p. 24.
    4 Ibid., 26-27.
    5 Idem.
    6 Abiku : chez les Yoroubas, un bébé messager des orisas ou des défunts qui meurt en couche ou en bas-âge, pour renaître et mourir à nouveau, encore et encore.
    7 Pierre Guicheney, La Conférence des sept parfums, Accademia University Press, 2017,Torino, p. 45.
    8 Ibid., p.52.
    9 Orisha : dieux et ancêtres divinisés dans la religion yorouba (Nigéria, Bénin, Brésil, Cuba…)
    10 La dame d’Oshogbo (Prod. : 24 images & CNRS images, 2007) & Oshogbo, la forêt et l’art sacrés des Yoroubas (Prod. Mano a mano, RFO, 2009).
    11 Jean-Loup Trassard, comme un ruisseau mayennais, Prod. 24 images, 2010.
    12 Photographies de Jean-Luc Manaud et textes de Pierre Guicheney, Chroniques sahariennes, Le Chêne, Paris, 2006.
    13 Pierre Guicheney, La Conférence des sept parfums, Accademia University Press, 2017, Torino, pp. 56-57